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Participer à la sauvegarde d’espèces menacées

Dans de nombreuses régions de la planète (Madagascar, lac Victoria…) des programmes se mettent en place pour tenter de sauver les écosystèmes aquatiques menacés par le développement des populations locales. Voici un exemple de projet de conservation pour une famille de poissons mal connue : les vrais vivipares du Mexique.

Deux familles de poissons vivipares occupent le Mexique. Tout d’abord les Poecilidés, ovovivipares, qui sont en outre largement répartis sur la partie centrale du continent américain. Ils incluent des poissons aussi populaires en aquarium que les guppys et

xiphos. Puis, les Goodeidés qui sont endémiques du Mexique et d’une petite partie du sud-ouest des États Unis. Les Goodeidés sont caractérisés par une structure unique, le trophotaenia, qui est une analogie du placenta des mammifères permettant la nutrition des embryons par leur mère. Par cette caractéristique ils sont donc de vrais vivipares.

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Plusieurs espèces mexicaines de Poecilidés sont en danger d’extinction, mais les Goodeidés sont dans une position d’autant plus précaire qu’ils sont endémiques du Mexique. Pour cette raison leur protection est particulièrement étudiée.

Les Goodeidés sont tellement particuliers parmi les poissons qu’ils ont été intensivement étudiés par différentes institutions de recherche à travers le monde. Les recherches sur les modalités d’alimentation des embryons chez ces poissons ont permis d’importants apports sur les connaissances de notre propre système de reproduction. D’autre part, en terme d’environnement aquatique, les Goodeidés sont également des indicateurs utiles pour l’estimation et la gestion des impacts anthropiques.

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Approximativement, quarante-trois espèces ont été décrites, exclusivement au Mexique, dans la famille des Goodeidés et de nouvelles sont encore à découvrir. Actuellement, au moins deux espèces Skiffia francesae et Zoogoneticus tequila semblent avoir disparu du milieu naturel. Il est probable que plusieurs espèces non encore décrites aient disparu de la majeure partie de leur aire de répartition ancestrale avant d’avoir pu être correctement classifiées. Une espèce pourtant courante en aquariophilie, Ameca splendens, survit uniquement ( ?) dans un bassin d’ornement devant un restaurant de l’état de Jalisco, au nord du Mexique !

Les habitats aquatiques du Mexique ont été altérés ou détruits par les activités humaines telles que la pêche, la pollution, les prélèvements d’eau et l’introduction de poissons d’ornement ou de consommation (carpe, tilapia) qui ont rapidement surpassé la faune locale. Ces impacts environnementaux sont une conséquence malheureuse du développement galopant du Mexique ; Mais comment expliquer des problèmes d’écologie a des populations locales qui ont déjà du mal à vivre ? Des réserves doivent être créées pour préserver les Goodeidés et la vie aquatique si particulière du Mexique, mais le temps passe trop vite…

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Le « FISH ARK ». 

Plusieurs zoos ainsi que des particuliers, font des efforts pour s’assurer que toutes les espèces de Goodeidés sont maintenues en captivité. Ils opposent ainsi une garantie à la destruction permanente des populations sauvages. Grâce à ces efforts des populations de Skiffia francesae et de Zoogoneticus tequila sont actuellement maintenues en captivité, mais nulle part ailleurs.

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FAITAG (Fish and Aquatic Invertebrate Taxon Advisory Group, association reconnue par le WWF) regroupe des ichtyologistes, des généticiens et des aquariophiles. Ils collaborent étroitement avec leurs collègues mexicains pour établir un programme de reproduction en captivité, au cœur même du Mexique. La maintenance en aquariums et en bassins des Goodeidés permettra d’arrêter « l’hémorragie » jusqu’au jour où des refuges naturels seront créés et où les poissons pourront être réintroduits sans entraîner de déséquilibre de l’habitat. Des études pilotes sont en cours de réalisation afin d’identifier des sites de réintroduction potentiels. Un des aspects fondamental de ce programme est de faire découvrir mais aussi de sensibiliser la population mexicaine à l’importance de ces poissons. Ainsi, l’établissement au Mexique de populations de poissons en aquariums offre deux avantages : une conservation ex-situ et une éducation du public.

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Plusieurs objectifs de conservation sont actuellement identifiés pour favoriser la survie à long terme des espèces en danger :

1) Aider à l’établissement et au fonctionnement d’un laboratoire à l’Université de Morelia (Mexique), où les poissons pourront être accueillis.

2) Attirer les sponsors afin d’obtenir des bourses pour les étudiants qui pourront étudier la reproduction des Goodeidés et qui s’occuperont de la maintenance en aquariums des espèces les plus menacées.

3) Produire des panneaux pédagogiques afin d’expliquer, sur place, l’importance de sites uniques tels que le restaurant « Ameca ».

4) Maintenir les Goodeidés et autres espèces menacées dans les zoos ou les aquariums d’Europe, afin de conserver une « copie » des populations maintenues dans les aquariums mexicains.

5) Fournir assistance et expérience aux aquariophiles mexicains en ce qui concerne la technique, l’élevage ou le maintient à long terme des souches.

6) Suivre l’évolution des populations sauvages afin d’orienter les priorités concernant les espèces maintenues au sein du FISH ARK et bien sur, continuer d’étudier les conditions de possibles réintroductions des populations d’aquariums.

FAITAG aide les scientifiques et aquariophiles mexicains investis dans ce projet de conservation pour leur recherche de sponsors. Toutes les bonnes volontés seront les bienvenues pour des dons financiers, matériels ou humains… Merci pour nos chers petits Goodeidés.

 Goodeid Working Group (G.W.G.)

Voici quelques informations au sujet du groupe de travail des Goodeidae (Goodeid Working Group = GWG)

Ce groupe a été fondé le 1er mai 2009 à Stoholm au Danemark en réaction à la situation critique de nombreuses espèces et populations de Goodeidae dans le milieu naturel et le risque de disparition de certaines souches captives.

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C’est un groupe de travail volontaire et international avec des objectifs simples :

A) Associer les particuliers, les Universités, les aquariums publics et les Zoos dans la maintenance et l’élevage des Goodeidae.

B) Maintenir les souches d’aquariums en vie grâce aux échanges, à la gestion et à la coopération à un niveau international.

C) Réfléchir à des méthodes et aux possibilités de sauvegarde des populations en milieu naturel et de participer aux projets de protection.

D) Créer et organiser une base de donnée robuste, refermant les articles et les données relatives aux populations naturelles et captives ainsi qu’une liste non publique d’éleveurs, disponible uniquement aux membres, pour encourager les échanges internationaux.

E) Créer une structure hiérarchisée, constituée de groupes régionaux, avec des coordinateurs pour chaque pays gérant les relations internationales.

F) Apporter un support d’informations et de matériel vivant aux Universités travaillant sur des problématiques touchant les Goodeidae, et particulièrement celles relatives à la protection des espèces et populations menacées.

En ce qui concerne les groupes régionaux, leurs coordinateurs et leurs responsabilités : Les groupes régionaux sont constitués d’éleveurs ou non, intéressés par les Goodeidae. Le groupe est orienté par un coordinateur et son suppléent en cas de problème.

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Les responsabilités des membres des groupes régionaux sont :

A) Maintenir et reproduire les espèces et les populations en fonction de l’intérêt de chacun et sans obligation quand au choix des espèces.

B) Offrir régulièrement le surplus de production au responsable du groupe.

C) Faire passer les petites annonces et les recherches par le responsable du groupe.

D) Envoyer sa liste de maintenance deux fois par an.

E) Offrir ses connaissances sur les Goodeidae à tout autre membre du groupe.

Les responsabilités des responsables de groupe sont :

A) Recueillir et actualiser les données des membres de son groupe régionale deux fois par an.

B) Rechercher de nouveaux membres pour agrandir le groupe de travail.

C) Distribuer le surplus de production nationale aux membresde son groupe et si non offrir les poissons aux autres groupes.

D) Organiser une réunion annuelle afin de renforcer la solidarité, échanger les idées et les poissons.

E) Informer les membres ne disposant pas de Email sur les activités et les offres du groupe.

Nous avons pour le moment 9 groupes actifs, par ordre alphabétique : Autriche, Danemark, Espagne, France, Hongrie, Italie, Pays-bas, Portugal, Slovénie.