Maintenance pour vivipares

Installations et aquariums

Il existe à peu près autant de types de vivipares qu’il existe de biotopes aquatiques entre les USA et l’Argentine. Citons les Micropoecilia d’Amazonie qui ont besoin d’une eau acide, les Poecillia velifera du Yucatan qui vivent en eau parfois salée et à plus de 30°C, les mollies cavernicoles des sources sulfureuses du centre du Mexique quasiment impossibles à maintenir en aquarium, ou encore certains Goodeidae des hauts plateaux qui ne supportent pas les températures supérieures à 24°C. Il est donc très important de commencer par se documenter sur les conditions de maintenance avant d’acquérir une souche de vivipares.

Il serait par conséquent illusoire de penser résumer en quelques lignes tous les secrets d’une maintenance réussie… La diversité des poissons vivipares est énorme, tant au niveau morphologique qu’au niveau comportemental ou pour ce qui concerne les besoins environnementaux.

installation Chez Fabien Liberge : association de petits bacs (45l) et de plus grands (200 à 600l)

Bien sûr, il existe autant d’installations différentes que d’aquariophiles. Toutefois, on peut quand même arriver à déterminer quelques traits communs aux amateurs vivipariophiles. Que l’on porte son choix sur les formes de sélection ou les espèces sauvages, «la collectionnite» guette le passionné. Cela est favorisé par le fait que la majorité des espèces se contentent de volumes réduits (souvent moins de 100l). Toutefois ce choix est très souvent dicté par au moins deux autres facteurs : le risque d’hybridation et la nécessité de choisir les géniteurs qui assureront la descendance. En effet, l’amateur éclairé de formes sauvages dirige rapidement son élevage vers la maintenance en bac monospécifique beaucoup plus rationnel et facile à gérer car il s’évite ainsi tous les problèmes de relations interspécifiques, que ces relations soient agressives (problèmes de prédation) ou plus «amicales» (problèmes d’hybridation).

L’amateur de forme sélectionnées lui n’a même pas le choix. Sauf exception, s’il veut conduire son élevage dans les meilleures conditions possibles, il est obligé de séparer ses adultes et de les maintenir en couples ou en petits groupes (au sein desquels ne figure souvent qu’un seul mâle choisi pour ses caractères externes). Seuls les jeunes ou les adultes non destinés à la reproduction peuvent être élevés en groupes dans des bacs plus grands. Mais là encore, il y a une limite au gigantisme des aquariums. Inutile de maintenir en effet tous ses poissons dans un seul bac immense, ce qui pourrait se révéler désastreux en cas d’apparition d’une maladie (on ne met pas tous ses oeufs dans le même panier, n’est-ce pas !).

Raisonnablement (?) donc, le vivipariophile multiplie les aquariums…

L’aquarium spécifique

L’aquarium spécifique (dédié au maintien d’une seule espèce) représente à plusieurs titres, pour bien des espèces, la solution idéale. D’abord parce que l’aquarium étant un milieu clos, réduit, il y a bien sûr une impossibilité technique à maintenir un trop grand nombre de poissons ensemble. Sans discuter sur la rationalité de la fameuse règle énoncée encore très souvent à tout débutant du «1 cm de poisson par litre d’eau», chacun comprend évidemment tout de suite que l’aquariophile est contraint d’effectuer des choix quant aux spécimens qu’il va maintenir dans son aquarium. Il y a bien sûr la solution de maintenir un échantillon de ses espèces favorites et de tenter de recréer ainsi… une soupe de poisson ! non, cette solution n’est pas valable car elle s’éloigne trop des besoins fondamentaux de la plupart des poissons (au moins parmi les vivipares) qui sont des animaux grégaires. Voilà la deuxième limite qui s’impose au vivipariophile : non seulement il doit composer avec le volume dont il dispose mais en plus il doit la plupart du temps maintenir ses poissons en groupe… De là à ne maintenir qu’un groupe de poissons d’une seule espèce par bac, il n’y a qu’un pas très simple à franchir !

Dans le cas des espèces dites sauvages l’intérêt de ce type de maintenance est multiple. En effet, menacées pour beaucoup dans le milieu naturel, rarement (voir jamais) importées, introuvables dans le commerce aquariophile, nos espèces favorites ne s’échangent qu’entres aquariophiles passionnés au sein d’associations nationales comme l’AFV. Autant dire que le «pool» génétique (c’est-à-dire la somme de tous les gènes issus des spécimens originaux utilisés lors des premières reproductions) de la plupart des espèces est extrêmement réduite. En élevant donc ses poissons en groupe plus ou moins important on favorise (en règle générale), si ce n’est le brassage, au moins le maintien du potentiel génétique. Cela est particulièrement important dans le cas des espèces disparues du milieu naturel car dans ce cas il sera complètement impossible d’amener un nouveau matériel génétique par le biais de nouveaux spécimens. Ainsi, pour certains poissons il est déjà trop tard. On sait que tous les spécimens actuellement vivants de l’espèce Skiffia francesae sont issus de deux seuls couples rapportés un jour de voyage par un passionné… Ceci n’est bien sûr pas sans poser de problème dans leur maintenance au quotidien, voir le paragraphe qui leur est consacré.

Skiffia francesae

Ensuite, en maintenant chaque espèce seule dans un aquarium on évite tous les problèmes éventuels de relations interspécifiques. Si la plupart des vivipares sont des poissons relativement calmes (ce n’est pas pour rien si certaines espèces sont parmi les best-sellers des animaleries), peu agressifs et dont le seul centre d’intérêt est de tenter de se reproduire, le cas n’est pas toujours vrai. Dès que l’on s’attache à observer dans le détail le comportement de certains poissons on constate qu’ils peuvent se révéler territoriaux et qu’il s’établit parfois de véritables hiérarchies entre les spécimens, que ce soit entre poissons d’espèces différentes, ou pas. Certes, cela est rarement aussi démonstratif que chez certains cichlidés, mais cela n’en est que plus dangereux. La prégnance exercée par un poisson sur un autre peut entraîner chez ce dernier un stress permanent qui lui est souvent fatal à plus ou moins court terme. Au sein d’une même espèce des hiérarchies se créent régulièrement. Souvent, les femelles, plus grosses, tentent d’éloigner par leur agressivité les mâles qui les harcèlent. Il n’est pas rare non plus de voir un mâle prendre le dessus sur ses «condisciples». Et puis, qui n’a pas entendu dire un jour qu’il fallait toujours maintenir plusieurs femelles guppys avec un mâle ? serait-ce simplement pour favoriser le commerce et permettre au vendeur de céder plusieurs poissons d’un seul coup là où le débutant, suivant en cela un modèle très anthropomorphique, ne cherche qu’à créer des couples ? Non, bien sûr, l’agressivité des mâles guppys n’est que le reflet de leur ardeur sexuelle et de leur volonté de perpétuer l’espèce, mais malgré tout cela peut constituer une pression suffisante pour mettre à mal les ressources physique de la pauvre femelle. Tous ces problèmes trouvent leur solution dans la maintenance en groupe simplement parce que, très naturellement, l’agressivité se trouve diluée au sein du groupe. Le spécimen poursuivi n’est jamais le même. Dans certains cas cela permet même paradoxalement de favoriser l’émergence de jeunes qui trouvent ainsi une forme d’anonymat, cachés au milieu des autres, et ce malgré la multiplication des prédateurs potentiels que représentent les spécimens plus agés.

Par des moyens différents, le guppyphile éleveur de formes sélectionnées arrive aux mêmes conclusions : son élevage n’est viable qu’en bac spécifique ! Les guppys sont des poissons relativement fragiles au regard de nombre d’autres espèces et leurs nageoires sont souvent trop appétissantes pour leurs colocataires. Inutile donc de les soumettre aux tentations des autres et de risquer de ruiner par un coup de dents «réflexe» tout le travail de l’éleveur. S’il veut préserver l’intégrité des nageoires de ses poissons, le guppyphile les élève donc seuls ! ensuite l’élevage du guppy, en tout cas de celui qui est destiné aux concours de beauté, est tout sauf affaire d’amateurisme. Si le hasard peut trouver sa place dans les croisements réalisés par l’éleveur et apporter une certaine fantaisie, l’éleveur, lui, doit être capable de savoir à chaque instant qui sont les parents de tel ou tel petit guppy s’il veut caresser l’espoir de répéter un jour ce même croisement…

Pour le guppy comme pour le vivipare de forme sauvage : pas d’alternative, il faut souvent élever ses poissons en bac spécifique !

Bien sûr il existe des exceptions. Il y a ces petites espèces, si timides qu’on ne les verrait jamais dans leur aquarium si on le leur adjoignait des compagnons plus actifs. La présence de poissons moins craintifs incite parfois les autres à venir chercher la nourriture ou à se déplacer dans toutes les strates de l’aquarium. Enfin, rien n’empêche de maintenir ses vivipares préférés ou ses guppys favoris en aquarium communautaire pour son plaisir. Ils font souvent, par leur pacifisme, de parfaits colocataires. Simplement, hormis dans quelques cas, il sera alors plus difficile d’obtenir des jeunes dans de bonnes conditions.

L’eau

L’eau ! voilà bien un sujet qui préoccupe l’amateur. Qu’il soit débutant ou chevronné, l’eau, et c’est bien naturel puisque l’objet de notre passion y vit, reste un sujet majeur.

Le vivipariophile n’est pas le plus mal loti car s’il est faux d’affirmer que les vivipares se satisfont de n’importe quel type d’eau il n’est pas besoin de se transformer en parfait chimiste pour élever la plupart des espèces. Des notions de base suffisent complètement ainsi qu’un bon sens de l’observation. Nombres d’aquariophiles ne mesurent jamais les paramètres de leur eau parce qu’ils connaissent bien leur(s) aquarium(s) et leurs poissons. Cela est d’autant plus facile lorsque les poissons ne sont pas trop sensibles à de petites variations de leur milieu ou bien lorsqu’ils acceptent des plages de valeurs importantes. Ceci est heureusement le cas de la plupart des vivipares…

Notions de chimie

Le pH

Chimiquement parlant, l’eau est en équilibre permanent. Sa formule, H2O, s’écrit plus convenablement comme la somme de deux ions : les ions hydroniums H3O+ et hydroxyde OH- :

2H2O = H3O+ + OH-

C’est la proportion entre ces deux ions et plus particulièrement, la quantité d’ions hydroniums présents dans le milieu que mesure le pH.

Le pH se mesure selon une échelle qui va de 0 à 14. Les valeurs utiles à l’aquariophile sont comprises en général (car il peut y avoir des exceptions) entre 5,5 et 8,5.

L’eau est dite «neutre» lorsque la quantité d’ions hydroniums est égale à celle des ions hydroxydes. La valeur du pH est alors de 7,0. L’eau est dite «acide» lorsque le pH est inférieur à 7,0. La concentration des ions hydroniums est alors plus grande que celle des ions hydroxydes. À l’inverse, l’eau est dite «basique» lorsque le pH est supérieur à 7,0. Dans ce cas c’est la concentration des ions hydroxyde qui est la plus forte.

Les vivipares s’accommodent de valeurs proches de la neutralité ce qui est généralement le cas en aquarium. Mais dans le milieu naturel, des extrêmes sont parfois signalés. On trouve ainsi des Micropoecilia dans des eaux très acides (citer des valeurs et ref du vivipare) et à l’inverse on observe des biotopes où le pH dépasse 8,0 (citer des valeurs et ref du vivipare). Il faut noter qu’une même espèce peut être trouvée dans des milieux très différents. C’est bien entendu le cas du guppy qui s’est établi partout sur le globe et qui à la réputation d’être un poisson appréciant des pH basiques alors que ses eaux d’origines au Venezuela et Trinidad sont plutôt acides…

Le pH évolue dans la journée sous l’action de la lumière et de l’activité photosynthétique, sous l’influence du métabolisme des poissons et des échanges eau/air ou encore de la température. Des variations légères sont donc normales et sans incidence sur le bien-être des poissons (et cela même si l’échelle pH est logarithmique, ce qui implique que la variation d’une unité dans un sens ou dans l’autre indique une variation de concentration multipliée ou divisée par 10!). On comprend donc qu’il ne s’agit pas d’un paramètre qu’il faille mesurer en permanence.

Dans quelques cas cependant, le pH joue un rôle important en influant sur le sex-ratio ou encore sur la croissance des poissons, mais ce sont là des cas particuliers qui dépassent le cadre de cet ouvrage.

Le TH = titre hydrotimétrique ou dureté totale

Le TH exprime la concentration de certains ions métalliques, comme le calcium et le magnésium principalement, et dans une moindre mesure du fer, cuivre, strontium etc… ces éléments étant toujours sous-représentés par rapport aux deux plus importants que sont le calcium et le magnésium.

Contrairement au pH, la dureté ne se mesure pas avec une échelle. Elle s’exprime en degré et notamment en degré français (qui doivent donc être distingués des degrés allemand généralement utilisés par les fabricants de tests et employés dans la littérature étrangère; pour mémoire, un degré allemand = 1,78 degré français). Sa valeur minimum est le zéro tandis que sa valeur maximum est théoriquement celle liée à la solubilité maximale des deux ions précédemment nommés en fonction de leur proportion.

Depuis longtemps, les vivipares ont la réputation d’apprécier les eaux «dures». Cela facilitait bien la vie des aquariophiles (et des commerçants !) car c’est exactement le type d’eau que l’on trouve un peu partout en France au robinet. Pourtant, cela ne correspond pas totalement à la vérité car la plupart des espèces viennent de milieux où l’eau est peu dure voir même franchement douce. Cela tient à ce que dans la nature, les cours d’eau ne sont pas toujours alimentés par des eaux d’infiltrations mais par des eaux de ruissellement qui n’ont donc pas le temps de se charger en ions calciums et magnésiums.

Dans le doute sur la nature du milieu dont provient un poisson il convient de placer celui-ci dans un milieu peu agressif et donc d’éviter les eaux aux paramètres trop excessifs. Il est plus prudent donc de choisir une eau moyennement douce ou dure et de bien observer ensuite le comportement des poissons au cours des semaines et mois suivants. Semblent-ils à l’aise ? Mangent-ils avec appétit ? Les femelles font-elles autant et aussi souvent des jeunes que ce que la littérature peut indiquer ? Ce n’est jamais une démarche très simple car beaucoup de paramètres sont en jeu et peuvent interagir. Un seul mot d’ordre : tout noter (conditions, observations) et ne pas compter sur sa mémoire !

Le TAC: Titre alcalimétrique complet ou dureté temporaire

Ce vocable désigne la part d’ions calciums et magnésiums qui sont liés à des carbonates et bicarbonates. Cette part disparaît lorsque l’on fait bouillir l’eau, ce phénomène étant dû à la précipitation des sels de calcium et de magnésium. La dureté temporaire joue un rôle prépondérant dans le pouvoir tampon de l’eau et prévient ainsi les variations brusques du pH. Toutefois, c’est une mesure de second ordre pour un vivipariophile dont les eaux de prédilection contiennent souvent un minimum de sels dissouts et par conséquent ont un TH et un TAC propices à la stabilité du milieu.

La conductivité

Autre mesure régulièrement effectuée par de nombreux aquariophiles, la conductivité indique la conductance de l’eau, c’est à dire sa capacité à conduire un courant électrique. Trop précise pour le vivipariophile, cette mesure donne la minéralisation totale de l’eau. Plus globale que la mesure du TH qui ne donne que certains ions, elle est utilisée principalement par les éleveurs de discus ou les reproducteurs de Characidés. Disons qu’elle est une bonne approximation de la valeur du TH (1°f TH = 25 microsiemens/cm2), sachant par ailleurs que le TH représente généralement 50% de la conductivité. Elle est cependant utile à l’amateur qui voyage et pêche lui même ses poissons du fait de la simplicité et de la fiabilité de sa mesure grâce à l’usage de petits appareils électroniques (les conductimètres) gros comme un stylo.

Insérer photo conductimètre

Ammoniaque/nitrites/nitrates : le cycle de l’azote

Le cycle de l’azote est abondamment décrit dans toute la littérature aquariophile. Même si des travaux récents ont montré que les bactéries impliquées dans ce cycle étaient plus nombreuses que ce que l’on croyait, cela n’a aucune influence sur le cycle de l’azote en lui-même, où les déchets organiques ou ceux issus de la respiration des poissons sont toujours transformés en ammoniaque (NH4+), puis en nitrite (NO2-) et enfin en nitrate (NO32-).

Si les deux premiers stades (ammoniaque et nitrite), en quantités très faibles, sont extrêmement dangereux pour les poissons, ils n’existent normalement qu’à l’état de traces dans un aquarium bien installé puisque les bactéries présentes dans les masses filtrantes travaillent en permanence à leur transformation en nitrate. Les nitrates par contre s’accumulent dans l’aquarium car ils ne sont plus transformés. Si leur action est moins aiguë que celle des nitrites ou de l’ammoniaque, leur influence sur la santé des poissons est certaine et se manifeste sur le long terme.

Les vivipares sont particulièrement sensibles à cet empoisonnement et notamment les Goodéidés. Sauf dispositif spécial (et coûteux) tel qu’un dénitrateur (qui transforme les nitrates en azote gazeux libre de s’échapper de l’aquarium) le seul moyen d’éliminer les nitrates reste le changement régulier d’une fraction du volume d’eau de l’aquarium.

Quelle eau utiliser ?

L’eau du robinet

Il est important de ne jamais utiliser directement l’eau du robinet pour effectuer un changement d’eaum mais de toujours tirer celle-ci, au minimum, la veille. Trop neuve, non aérée, régulièrement (parfois constamment) chlorée, l’eau du robinet est trop agressive pour les muqueuses des poissons et son emploi sans préparation entraîne parfois de réelles catastrophes. Les cas de mortalité engendrées par une dose excessive de chlore sont légions, et rares sont les éleveurs qui n’ont jamais connu un tel cas chez eux. Il importe donc de préparer l’eau servant aux changements en la collectant dans un réservoir spécialement prévu à cet effet où elle pourra être aérée, éventuellement chauffée et pourquoi pas, même filtrée. En procédant de cette façon l’impact d’un changement d’eau ne peut qu’être bénéfique pour le poisson et stimuler ainsi appétit, croissance et instinct de reproduction.

L’eau de pluie, l’eau de puit

Pour s’affranchir des problèmes d’eau chlorée on peut utiliser de l’eau de pluie ou encore l’eau d’un puit. Toutefois l’usage de ce type d’eau réserve d’autres problèmes et nécessite de prendre certaines précautions. L’eau de pluie demande à être stockée et lorsque l’on possède plusieurs aquariums les volumes concernés peuvent devenir très importants. Elle peut être chargée en différents polluants (noirs de fumées, poussières diverses etc…) et doit être décantée puis filtrée avant usage. Enfin, d’une dureté nulle, elle doit être coupée avec une eau plus dure ou alors être filtrée sur des matériaux calcaires qui augmenteront son TH. C’est empirique et pas toujours facile à doser et à réaliser. Mieux vaut donc réserver son usage à des cas très spécifiques comme pour diminuer la dureté d’une eau dans certaines régions où elle est trop dure.

L’eau d’un puit présente l’avantage d’être disponible immédiatement et en permanence (sauf exception) grâce à une pompe. Malheureusement, sa qualité dépend de trop de paramètres extérieurs comme le volume des précipitations dans les jours précédents ou encore l’épandage de produits agricoles dans les champs alentours et peut varier sans que l’aquariophile s’en aperçoive. Enfin sa qualité bactérienne varie également or, son contrôle permanent, pourtant nécessaire, reste inaccessible à l’aquariophile amateur pour des raisons de coûts et de méthodes (réalisé en laboratoires).

Fabriquer son eau

Au moins l’eau du robinet présente-t-elle l’avantage d’être relativement «normée» et de composition constante ou presque. Cependant, il est des cas où l’eau du robinet n’a pas la composition souhaitée : elle peut être trop dure (TH supérieur à 25°f) ou encore trop douce (TH inférieur à 10°f).

En règle générale les aquariophiles cherchent à adoucir l’eau dont ils disposent. Les méthodes sont nombreuses et connues : par coupage avec une eau plus douce comme de l’eau en bouteille faiblement minéralisée (type Volvic qui titre à 5°f TH). Cela n’est intéressant que pour des volumes restreints toutefois. On peut également diluer son eau de conduite avec de l’eau de pluie en appliquant les précautions liées à l’usage de celle-ci ou employer de l’eau prélevée dans le milieu naturel (ruisseau, étang) dont on aura contrôlé les caractéristiques et notamment bien sûr son TH ! On peut également adoucir son eau à l’aide de différents appareils tels que l’osmoseur. Son emploi a un coût qui n’est pas négligeable car une partie seulement de l’eau traitée pourra être utilisée.. Attention, il ne faut pas confondre osmoseur et adoucisseur. Ce dernier est réservé à un usage ménager et l’eau qu’il délivre est impropre à l’élevage des poissons puisque les ions calciums et magnésiums sont alors remplacés par des ions sodiums qui sont à éviter tout autant ! D’autres aquariophiles utilisent des résines échangeuses d’ions qui retiennent les ions calciums et magnésiums pour leur substituer des ions hydroniums et hydroxydes. L’emploi de ces résines permet de traiter de grands volumes d’eau mais le coût à l’installation est prohibitif et réclame d’être un peu bricoleur puisque le commerce spécialisé ne propose pas (ou rarement) ce type d’installation pour le particulier.

Insérer photo cartouche Kati Ani

Plus rarement se pose le problème inverse où l’aquariophile doit augmenter le TH de son eau. Pour cela on peut procéder également par coupage en utilisant cette fois de l’eau plus minéralisée (Contrex par exemple titre à …°f de TH) mais là aussi, cela est réservé à des volumes restreints. Il est plus simple de filtrer son eau sur des matériaux calcaires comme le sable de corail ou le sable coquiller qui ne manqueront pas de se dissoudre petit à petit augmentant ainsi naturellement la teneur calcique et magnésique de l’eau de départ. Enfin, on peut employer les mêmes sels proposés dans le commerce pour les amateurs de cichlidés des lacs Malawi et Tanganyika.

La filtration

Pourquoi filtrer ?

Filtrer l’eau est indispensable pour la quasi totalité des espèces vivipares. Inutile d’espérer compter sur les changements d’eau pour maintenir la clarté du milieu. Même les plus petites espèces ont des besoins en nourriture et des capacités de reproduction telles que rapidement le milieu confiné que constitue l’aquarium ne peut plus supporter la charge de matière organique apportée par l’éleveur et transformée par les poissons.

Quel type de filtre ?

Tous les filtres habituels sont utilisables. Pour des aquariums d’un volume allant jusqu’à 50l les plus adaptés restent les filtres à exhausteur de coin. Même dans les volumes supérieurs, il est parfois préférable de multiplier ce type de filtre que d’employer un seul filtre électrique puissant. Cela présente en effet plusieurs avantages, économiques et pratiques. En effet leur coût est faible et leur entretien, réduit, est des plus simples. En ne nettoyant que quelques uns des filtres d’un même bac à chaque fois on peut les nettoyer complètement sans mettre en danger la totalité de la flore (faune ?) bactérienne présente dans le bac et répartie sur l’ensemble des filtres.

Insérer photo compresseur

Par ailleurs, cela justifie l’investissement dans un compresseur, appareil coûteux à l’achat mais économique à l’usage et délivrant une pression constante en air très supérieure en performance aux traditionnelles pompes à air. Un dernier avantage des filtres à air par rapport aux filtres électriques (intérieurs, extérieurs ou à lit de sable) réside dans le fait qu’ils préservent les alevins en n’étant pas capable de les aspirer.

Dans les aquariums plus grands (au delà de 200l), les filtres à décantation (internes, externes, en dessous) filtrants sur blocs de mousse à cellules ouvertes sont les plus adaptés. Ils permettent l’emploi de pompes à débit élevé sans menacer les alevins et présentent d’excellentes capacités d’épuration.

Quelque soit le bac, le débit de filtration doit être adapté aux habitants. Très faible pour certaines petites espèces n’aimant pas le mouvement, il peut aller jusqu’à 5 ou 10 fois le volume du bac par heure pour les poissons vivant dans les courants.

Quelles masses filtrantes ?

La plupart des masses filtrantes peuvent être employées. Lorsque l’on commence à disposer de plusieurs aquariums c’est l’aspect pratique qui guide souvent le choix de l’éleveur.

Les blocs de mousse à cellules ouvertes présentent l’avantage d’être relativement rigide, faciles à découper et à nettoyer. La taille des pores ne devra pas être trop fine pour ne pas trop ralentir le passage de l’eau, mais pas trop grande non plus pour garantir une bonne efficacité mécanique de filtration.

Les ouates de filtration comme le perlon garnissent idéalement un filtre à air. Elles sont particulièrement économiques et peuvent être jetées sans nettoyage.

La pouzzolane, cette roche volcanique, est souvent associée au perlon dans ces petits filtres qu’elle leste par son poids. De plus, laissée en place entre chaque nettoyage elle constitue un réservoir important de bactéries promptes à réensemencer l’ensemble du filtre ; l’action d’autres matériaux comme les «nouilles» en céramique est la même,

La tourbe est employée en complément du perlon pour acidifier certaines eaux particulières nécessaires au bien être d’espèces délicates comme certains Micropoecilia.

Le charbon, quant à lui, n’est employé que temporairement et uniquement dans le but d’éliminer les éventuels résidus médicamenteux après un traitement. En effet son action est très limitée dans le temps et ses capacités d’épuration sont rapidement saturées.

Les masses filtrantes doivent être nettoyée très régulièrement, en particulier celles qui reçoivent en premier le flux d’eau chargée de matière organique. De cette façon les déchets sont retirés avant d’être transformés en nitrates et autres éléments minéraux qui pourraient s’accumuler.

L’entretien du filtre

Un filtre est vivant et doit fonctionner 24h/24 et 7j/7 sous peine d’être privé d’oxygène. Il héberge en effet des bactéries de plusieurs espèces, mais aussi des unicellulaires tels que des paramécies, des petits vers et parfois même de petits crustacés de la famille des copépodes… Ce sont ces animaux, vivant sur les masses filtrantes, qui se chargent d’épurer l’eau tout au long du jour et de la nuit. Pour cette raison ils sont un élément essentiel à la survie des poissons.

Les changements d’eau

Les changements d’eau, leur fréquence et leur volume, sont certainement pour l’élevage des vivipares comme pour celui d’autres espèces l’une des clefs principales du succès. On l’a vu, les déchets ultimes de la vie normale d’un aquarium, nitrates, hormones, phosphates etc. s’accumulent et constituent pour ses hôtes un danger latent. Même si les poissons s’habituent à l’accumulation de ces toxines, leur santé en est fragilisée et peut se dégrader très rapidement entraînant parfois des hécatombes. Cela est bien entendu d’autant plus vrai que le bac est réduit ou que le nombre de ses occupants est important, ce qui est très souvent le cas dans les bacs d’élevage. La charge organique apportée dans ce type d’aquarium destiné à faire grossir de jeunes poissons toujours en quête de nourriture est très importante.

La fréquence et le volume des changements d’eau doivent donc être adaptés à la population du bac. Il est par conséquent impossible de définir des règles normées à ce sujet. C’est à l’éleveur de trouver les bons «réglages» dans la conduite de son élevage en s’aidant au besoin d’un test mesurant les nitrates. L’objectif poursuivi par beaucoup (et atteint par certains !) est de tendre à un renouvellement permanent de l’eau de l’aquarium à l’image de ce que peuvent connaître les animaux dans la nature. Il est ainsi toujours préférable d’effectuer très souvent de petits changements d’eau plutôt qu’un seul important mais plus rare. La règle de base est donc la régularité. Même lorsqu’ils s’agit de retrouver une qualité d’eau supérieure, les poissons n’apprécient pas les variations brusques de leur milieu.

Éclairage et température

L’éclairage

L’éclairage n’a pas d’intérêt particulier pour les animaux dès lors qu’il permet à ceux-ci de distinguer au moins deux périodes pouvant s’apparenter à deux moments d’activité différents : une période diurne propice à la quête de nourriture et à la reproduction et une période nocturne réservée au repos. Cela pourrait parfaitement être assuré par un éclairage solaire indirect tel que celui dispensé par une fenêtre mais cela ne satisferait pas l’œil humain qui distinguerait mal ainsi les poissons dans l’aquarium. L’éclairage disposé au dessus des bacs est donc destiné à nous permettre de mieux apprécier nos poissons. Tous les types peuvent donc être employés dès lors qu’ils ne sont pas trop puissants et qu’ils ne délivrent pas une luminosité excessive qui gênerait les poissons en leur causant un stress excessif et qui semblerait au demeurant bien peu naturel. Des tubes de teinte rose, bleue, blanche ou jaune existent et, en la matière, tout est possible et affaire de goût personnel. Toutefois, par souci d’économie et pour diminuer ses factures d’électricité, l’amateur qui possède de nombreux aquariums, emploie toujours un minimum de tubes au dessus de ses aquariums. Si cela convient très bien aux poissons qui évitent ainsi d’être suréclairés, cela limite le nombre de plantes qui peuvent pousser dans ces conditions. Or, les plantes, par les abris qu’elles créent, par les zones qu’elles délimitent, jouent un rôle essentiel pour le bien-être des poissons. Il y a donc un compromis à trouver entre ces besoins opposés. On peut dans ce but n’employer que des tubes horticoles seuls ou bien des tubes type lumière du jour (ils sont de plus très bon marché).

Il n’y a qu’un seul domaine dans lequel le choix de l’éclairage ne laisse rien au hasard, c’est celui des concours de forme sélectionnées (guppys, xiphos etc). Les tubes employés doivent être tous identiques et du type lumière du jour. En effet l’emploi d’autres couleurs d’émission pourrait avantager certains poissons en donnant un rendu de couleur meilleur (on pense notamment aux couleurs rouges qui apparaissent beaucoup plus prononcées sous un éclairage rose). L’éclairage des poissons en exposition est donc très surveillé par les juges.

La lumière du soleil, si elle met particulièrement en valeur les couleurs des poissons, n’est malheureusement pas contrôlable, ni en durée ni en intensité. Aussi est-elle fuie par la plupart des aquariophiles qui craignent son impact sur la croissance des algues dans leur aquarium. Au contraire, le vivipariophile peut chercher à mettre cette propriété en avant. Les vivipares sont réputés pour être des brouteurs permanents de verdure. Cela n’est pas usurpé et quelques espèces (Ameca splendens, Ilyodon xantusi) sont même capables de débarrasser un aquarium de ses algues filamenteuses plus sûrement et plus efficacement que n’importe quel autre poisson ou produit du commerce aquariophile.

Ameca splendens

D’une manière générale la présence de quelques algues sur les vitres d’un aquarium est donc un complément alimentaire non négligeable et quelques fois indispensable. Ce n’est certes pas décoratif mais l’enjeu n’est pas là puisqu’il s’agit de procurer les meilleures conditions de vie possibles aux poissons. Les éleveurs anglo-saxons utilisent souvent le principe du « bac vert ». Ils exposent une cuve dépourvue de végétaux supérieurs au soleil, afin de permettre le développement d’un important tapis d’algues qui recréera des conditions proches du milieu naturel.

La température

Contrairement à ce qui est généralement pratiqué en aquariophilie communautaire classique, beaucoup de vivipares n’ont pas besoins de chauffage dans leur bac et préfèrent vivre à la température d’une pièce d’habitation…

Mais parfois, c’est encore trop élevé ! la plupart des espèces du groupe des Goodeidae, ainsi que plusieurs espèces de xiphos nécessitent des températures inférieures à 24°C en été et aux alentours de 15°C l’hiver uour se développer correctement. Ces espèces particulières n’ont donc pas leur place dans un aquarium tempéré. Pour ces espèces, la reconstitution d’un cycle annuel de température est impérative dans le cadre d’un maintien optimum sur le long terme. Cela est d’autant plus vrai que le rythme des saisons marque parfois également celui des périodes de reproduction. Par ailleurs, si on tient compte du fait que bien des espèces sont trouvées dans des pièces d’eau peu profondes et de petit volume, on peut se demander dans quelle mesure la reconstitution de variations journalières de la température ne serait pas bénéfique à certains poissons difficiles.

La gestion de la température est donc plus importante qu’il n’y paraît au premier abord pour recréer les conditions naturelles de vie de nos poissons et stimuler leur reproduction. Finalement, pour le vivipariophile, c’est presque un avantage : il n’a plus à observer en permanence son thermomètre en craignant la moindre variation de température. Au contraire, il doit favoriser ces variations !

Une des solutions les plus simples consiste à placer ses aquariums dans un lieu relativement isolé, tempéré, suivant les variations climatiques sans en subir les extrêmes. Bon nombre d’amateurs ont donc choisi de créer des pièces à poissons qu’ils ont isolées pour conserver une certaine inertie thermique et s’affranchir des variations trop brusques. Dans de telles pièces, la chaleur dégagée par les tubes d’éclairage est généralement suffisante pour garantir des valeurs de température correctes pour les poissons, un chauffage d’appoint s’allumant parfois en hiver.

La température joue par ailleurs sur le métabolisme des poissons. Une température élevée est ainsi un facteur de croissance dans la mesure où elle stimule l’appétit ! Cela est particulièrement mis à profit par les éleveurs de formes sélectionnées et de guppys en particulier. A contrario, c’est la longévité de nos pensionnaires qui s’accroît quand les températures diminuent. Ainsi un guppy de concours peut vivre plus de deux ans à 20°C alors qu’il ne vivrait pas plus de huit mois à 28°C. D’autre part à 20°C sa croissance est arrêtée, ce qui veut dire qu’il reste dans un parfait état de « jeunesse », alors qu’à plus de 25°C les nageoires se déforment en quelques semaines ; rapidement le poisson s’affaiblit et il n’est plus présentable aux concours.

Dans certains cas, la température a également une influence non négligeable sur le sexe-ratio des poissons nouveaux nés. Il a ainsi été prouvé chez le guppy que les femelles qui incubent à des températures élevées produisent plus de mâles que les femelles qui incubent à des températures basses. Ceci est variable selon les souches, mais la température où l’on obtient 50% de chaque sexe est d’environ 24°C ; nous reviendrons sur ce point dans le chapitre portant sur les cas particuliers de la reproduction.

L’alimentation

Savoir nourrir : là se situe souvent la différence entre l’amateur débutant et l’aquariophile chevronné. Savoir nourrir peut s’appréhender de deux façons : il faut savoir comment nourrir et savoir avec quoi nourrir ! Quelque soit l’espèce, il est utile et parfois nécessaire de s’intéresser dans un premier temps à son régime alimentaire dans le milieu naturel.

S’inspirer du milieu naturel

On distingue dans le milieu naturel deux grands groupes de vivipares : les vivipares de régime « carnassiers » et les vivipares dits « brouteurs ». Par ailleurs, quelques espèces passent d’un groupe à l’autre en fonction des conditions qu’elles trouvent.

Les espèces « carnassières » ne sont pas obligatoirement de grands prédateurs ; les espèces piscivores sont peu nombreuses mais très spécialisées. Elles ne montreront donc jamais un comportement mixte associant chasse et broutage et se limiteront à la prédation stricte de petites proies aquatiques ou tombées dans l’eau. Leur alimentation, essentiellement composée de petits crustacés et d’insectes, est donc riche en chitine.

Les brouteurs constituent la grande majorité des espèces vivipares. On peut les observer dans les étangs et les rivières occupés à passer leur temps à picorer le substrat, qu’il soit rocheux ou sableux. Il serait cependant précipité et erroné de traduire le mot « brouteurs » par le terme « herbivores ». Les poissons brouteurs consomment en fait autant de végétaux que d’animaux, puisque ce qu’ils broutent correspond à la couche algo-bactérienne qui recouvre le sédiment, mais aussi à toute la microfaune que constituent les vers, crustacés et autres animalcules qui seront avalés par la même occasion. Les herbivores purs n’existent pas chez les vivipares, même si, comme le prouve la couleur verte des excréments de nombreux poissons sauvages, les algues constituent une part importante du régime alimentaire. Tous les brouteurs sont donc plus exactement des omnivores. Cela facilite bien sûr leur élevage en aquarium à l’aide de nourritures sèches et explique notamment que quelques espèces vivipares aient été parmi les premières proposées sur le marché aquariophile et soient encore aujourd’hui parmi les best sellers.

En fait, beaucoup d’espèce ne sont pas figées dans leur régime et montrent un degré d’adaptation important passant d’un type d’alimentation à l’autre selon les disponibilités, les saisons ou tout simplement au cours de leur croissance. Les jeunes, qui ont de plus grands besoins pour satisfaire leur croissance, sont généralement « carnassiers » alors que les adultes auront tendance à être plus « brouteurs ». Les études sur les Ilyodon, poissons qui vivent dans des zones torrentueuses, montrent clairement que le régime « carnassier » des jeunes devient progressivement un régime tourné vers le « broutage » chez l’adulte. Les mêmes études montrent également que ce régime évolue avec les saisons, entre la saison des pluies où les insectes sont abondants et donc consommés de façon préférentielle et la saison sèche où le cours des ruisseaux s’amenuise et où les insectes disparaissent, obligeant ainsi les Ilyodon à se contenter de brouter les algues.

Les Guppys ou encore les Gambusia s’adaptent à tous les types d’alimentation. Ils commencent par se nourrir de la microfaune aquatique qui constitue leur aliment naturel préféré, puis ils s’attaquent aux œufs et larves des autres poissons pour finir par devenir des brouteurs lorsque les autres ressources s’épuisent ou ont disparues. Ce comportement très opportuniste explique que leur introduction est souvent fatale à l’écosystème dans lequel ils sont introduits.

Plusieurs élément importants résultent de ces observations :

Comment les nourrir

Hormis quelques espèces qui exigent exclusivement une nourriture vivante, les vivipares ne sont donc généralement pas difficiles à nourrir. Selon la règle du « peu mais souvent », les distributions devront être fréquentes, au moins trois fois par jour, et les portions seront réduites, l’ensemble devant être mangé en quelques minutes. Il est déconseillé d’une façon générale de laisser tomber de la nourriture au fond de l’aquarium. Outre le fait qu’une partie est ainsi susceptible d’échapper aux poissons et pourrait polluer inutilement le bac, les poissons lorsqu’ils prennent leur nourriture sur le fond absorbent par la même occasion une part importante de déchets et autres bactéries, en particulier si ce fond est constitué d’une couche de sable. Les éléments végétaux dont l’ingestion est longue échappent seuls à cette règle et peuvent être laissés quelques heures dans l’aquarium.

Types de nourritures

La base de l’alimentation pourra être constituée de nourritures sèches en flocons ou granulés, si possible enrichies en éléments végétaux. Régulièrement, cette base devra être accompagnée de nourriture vivante ou congelée. La nourriture congelée présente l’avantage d’être disponible toute l’année et le commerce aquariophile propose en ce domaine une vaste gamme. L’aquariophile pourra utilement faire son choix parmi les artémias, cyclops (pour les petites bouches), daphnies, œufs de poissons ou encore vers de vase présentés en plaques aisément fractionables. Mais la nourriture vivante représente, par son appétence inégalable, l’aliment idéal. Malheureusement il est parfois difficile de s’en procurer toute l’année et selon son origine (prélèvement dans la nature ou élevage) son emploi requiert quelques précautions particulières. Enfin des compléments végétaux doivent être donnés pour toutes les espèces qui les acceptent… mais, en aquariophile attentionné, attentifs à ce qu’ils ne manquent de rien, nous distribuons souvent trop de nourriture et nos poissons sont souvent trop gros. Il est donc intéressant de faire jeûner les poissons adultes une journée par semaine.

Les nourritures sèches

En paillettes ou en granulés, le commerce aquariophile présente aujourd’hui des aliments d’une grande qualité nutritive qui constituent donc une excellente base alimentaire pour la plupart des espèces.

Les aliments végétaux

Ceux-ci sont nombreux et variés et l’imagination des aquariophiles est parfois sans limite, mais les plus pratiques à employer sont, entre autres, les épinards nature congelés, la salade pochée une minute dans de l’eau bouillante ou encore les courgettes coupées en rondelles et cuites à l’eau ou à la vapeur. La salade est parfois difficile à ingérer par les petites espèces et des essais doivent être menés par l’aquariophile. La courgette quant à elle présente l’inconvénient de générer une quantité importante de détritus.

La spiruline

La spiruline est encore un autre genre d’aliment, considéré comme un aliment « vert » par nombre d’aquariophiles. Ainsi nommée en raison de sa forme spiralée, la spiruline est une cyanobactérie, c’est-à-dire une bactérie douée de photosynthèse et capable de synthétiser des protéines. Ainsi, la spiruline est plus intéressante pour sa richesse en protéines et autres oligo-éléments que pour l’apport en fibres qu’elle représente puisqu’elle n’en contient que très peu. La spiruline présente donc plus un intérêt pour les jeunes poissons dont elle stimulera la croissance que pour les adultes en tant qu’aliment végétal dont elle est finalement assez éloignée.

Vitamines et probiotiques

Paragraphe manquant !

Les nourritures congelées

Leur intérêt principal réside dans la diversité qu’elles permettent à l’aquariophile d’apporter aux poissons. Elles doivent être de bonne qualité, ne pas avoir subi de rupture de la chaîne du froid et surtout être décongelées et rincées avant distribution. Les aliments congelés peuvent être préparés par vos soins. Il suffit par exemple de congeler en plaque fine le surplus d’une pêche aux daphnies ou encore d’acheter chez son détaillant d’article de pêche du fouillis vivant de vers de vase et de le congeler après un éventuel nettoyage.

Les aliments vivants

Ils peuvent être récoltés dans la nature ou élevés par l’amateur.

Parmi ceux que l’on peut pêcher soi même, les plus importants et sans doute les plus faciles à trouver sont les daphnies, les vers de vase ou encore les larves de moustiques.

Les daphnies sont de petits crustacés très connus des aquariophiles. Leur intérêt n’est plus à démontrer. Outre le fait qu’étant toujours en mouvement elles stimulent l’appétit des poissons, les daphnies constituent une excellente source de protéines et de chitine. De plus elles peuvent rester vivantes très longtemps dans un aquarium (du moins tant qu’elles n’ont pas été repérées par un poisson !) et ne constituent donc pas une source de pollution potentielle comme n’importe quel aliment inerte. On les trouve en général dans les mares dépourvues de poissons ou plus facilement dans les bassins de lagunages.

Insérer dessin daphnie

On les capture à l’aide d’un filet tendu au bout d’une perche ou à l’aide d’une simple épuisette à maille fine. Dans les zones où elles trouvent une nourriture adéquate en abondance (c’est-à-dire des algues flottantes puisque ce sont des animaux filtreurs) elles peuvent former de véritables nuages aquatiques ! Là, la tentation est grande pour l’aquariophile d’en pêcher plus que nécessaire. Mais attention, leur conservation dans un volume d’eau réduit est impossible et il est plus prudent de congeler tout ou partie de ce que l’on ne peut distribuer dans les premières heures suivant la collecte. Enfin dernière précaution d’usage : il convient d’effectuer un tri parmi les daphnies pêchées car, parmi elles, peuvent se glisser des éléments moins intéressants pour l’aquariophile comme des hydres (difficiles à détecter) ou plus fréquemment des dytiques, des notonectes ou encore des larves de libellules.

Les larves de moustiques ne manquent jamais de se trouver dans la moindre poche d’eau stagnante. Il est très simple de récolter à l’aide d’une épuisette ces petites larves noires qui quittent, dès qu’elles vous aperçoivent, la surface de l’eau où elles se tiennent habituellement.

Insérer dessin larve moustique

Compte tenu de ce que les femelles moustiques pondent autant d’œufs que la flaque d’eau pourra nourrir par la suite les petites larves, certains aquariophiles (info JL Ledegank) récoltent les œufs avant qu’ils n’éclosent, suscitant ainsi chez les femelles moustiques de nouvelles pontes. La quantité de larves recueillies peut alors permettre la réalisation de véritables festins pour les poissons qui se délectent de ses larves très vives.

Autre aliment assez simple à trouver est le vers de vase, la larve du chironome. On peut le pêcher bien sûr, bien que cela réclame une certaine expérience et un certain doigté, mais surtout il est très facile de s’en procurer chez son marchand d’article de pêche. Les vers de vase ou le fouillis (un autre vers de taille plus réduite) peuvent se conserver plusieurs jours placés dans un réfrigérateur. Il peut être intéressant de les laisser jeûner un certain temps car ils sont collectés dans des zones souvent polluées par des matières organiques.

De petits élevages simples à réaliser

On peut également produire sa propre nourriture vivante à l’aide de petits élevages simples et peu contraignants. Les animaux fréquemment élevés sont : les microvers, les enchytrées, les vers grindals, les anguillules du vinaigre ou encore les drosophiles.

Les anguillules du vinaigre ainsi nommés parce qu’ils vivent dans un milieu à base de vinaigre sont les proies les plus petites en taille. On les élève dans un simple bocal rempli d’un mélange de vinaigre de cidre et de cidre.

Photo bouteille asphyxie

On les récolte par « asphyxie » en plaçant le jus dans lequel ils vivent dans un flacon à col étroit. La base du col est fermée par un bouchon de perlon et surmontée d’eau propre. Après quelques heures les minuscules vers ont traversé le tampon et nagent en eau propre qu’il suffit de prélever à l’aide d’une seringue. La taille de cette proie la réserve aux plus petites bouches comme celle des alevins de Neoheterandria elegans ou des Heterandria formosa. Ils présentent l’avantage également de nager en pleine eau et non pas de couler au fond comme leurs proches cousins les microvers. Autre avantage de cet élevage : l’absence de soin qu’il réclame et sa longévité (plus de un an).

Les microvers sont un peu plus grands que les anguillules du vinaigre et vivent sur un milieu solide à base de farine et d’eau ou de lait notamment. On les récolte à l’aide d’un pinceau en raclant les parois du bocal sur lesquelles ils ne manquent pas de grimper.

Dessin microvers

Quoique d’un bon rendement, leur élevage est un peu plus contraignant car le milieu de culture doit être fréquemment renouvelé (tous les 15 jours environ) et parce qu’il dégage souvent de mauvaises odeurs. On peut conserver la souche plus longtemps en utilisant comme milieu de la purée en flocon mélangée à de l’eau. Les microvers sont très appréciés des alevins mais présentent l’inconvénient de couler au fond de l’aquarium. Celui-ci ne doit donc pas être couvert de sable.

Les vers grindals : ces vers blancs d’une taille de 1 cm environ réclament eux aussi un support solide pour se développer. Nourris à l’aide de croquettes pour chat on les élève par exemple sur des tapis de laine acrylique.

Dessin d’un grindal

Leur élevage qui réclame des conditions de température et d’hygrométrie particulières doit être surveillé quotidiennement et est plus délicat à maîtriser. Toutefois ils constituent une friandise particulièrement goûtée par nombre de poissons. On les récolte à l’aide d’un pinceau sur de petites plaques de vers posées à plat sur le substrat d’élevage et sur lesquelles ils se hissent.

Les enchytrées: un peu plus grand que les précédents, ils vivent dans du terreau humide. On les nourrit de pain ou de biscottes trempés dans du lait ou de l’eau et comme les précédents on les récolte sur des morceaux de tesson ou de verre placés à la surface du milieu.

Dessin enchytrée

Les drosophiles (encore appelées mouche du vinaigre ou mouche des fruits ou « fruit flies » en anglais) sont de petites mouches particulièrement appréciées par tous les poissons dont le menu comporte des insectes tombés à l’eau. C’est le cas de la plupart des espèces de Xiphophorus ou encore des membres de la famille des Hemirhamphidae comme les Dermogenys ou les Nomorhamphus. Mais les mouches sauvages volent et sont difficiles à distribuer.

Dessin droso

Heureusement, leurs capacités de reproduction très développées et leur génome simple en on fait des animaux très étudiés dans les laboratoires qui ont sélectionné des variétés aptères (ne possédant pas d’ailes) ou vestigiales (aux ailes non fonctionnelles). On les élève dans des bouteilles plastiques dont on a coupé le goulot et qu’on a fermé par un morceau de mousse ou un voile fin (type collant ou bas). Le milieu de culture est constitué d’une banane écrasée mélangée à de la biscotte émiéttée, du germe de blé et du vinaigre de vin (note: il existe également d’autres milieux de culture plus ou moins élaborés notamment des milieux dits « de laboratoire » ; ceux-ci sont sans réel intérêt pour l’aquariophile).

Tous ces petits élevages sont assez simple à réaliser. Pour démarrer il suffit de se procurer les souches auprès d’autres aquariophiles. Les membres de l’AFV sont habitués à s’échanger ces petits animaux si précieux pour l’aquariophile car ils permettent de varier les menus et stimulent ainsi l’appétit des poissons qui comme nous se lassent vite de manger tous les jours la même chose. De plus, ces organismes frais apportent un certain nombre de vitamines, mais aussi des enzymes et des oligo-éléments qui sont nécessaires au développement normal de nos pensionnaires. L’aliment vivant présente en plus la qualité d’exciter les poissons par ses mouvements et les amène à faire plus d’efforts pour sa recherche.

Le cas particulier des alevins

Comme il a été dit, les alevins ont, dans les premières semaines de leur vie, un régime quasi exclusivement carnassier. On comprend dès lors qu’ils ne sauraient se satisfaire des poudres pour alevins que propose le commerce. Les alevins sont des prédateurs en modèles réduits qui ont des besoins accrus par la nécessité pour eux de se développer rapidement et d’assurer ainsi leur croissance et par conséquent d’augmenter leur chances de survie. Bien nourris, les alevins de vivipares ont une croissance rapide. L’alimentation qu’ils reçoivent pendant les premières heures de vie conditionne souvent leur développement futur. Parmi les petits élevages précédemment cités certains sont donc très utiles comme les anguillules ou les microvers mais il est un aliment quasi miraculeux dont ne saurait se passer un bon éleveur : il s’agit des nauplies d’Artemia. Les nauplies d’Artemia sont le premier stade larvaire d’un petit crustacé, Artemia salina, dont on fait éclore les œufs (les cystes). Les nauplies d’Artemia sont nécessaires à nos alevins au moins pendant le premier mois de leur croissance en raison notamment de leur richesse en vitamines et en graisses. De plus, l’apport d’enzymes que contient le tube digestif des nauplies d’Artemia facilite la digestion des alevins. Enfin l’excitation suscitée par la mobilité de cette proie permet de gaver les poissons bien mieux qu’avec un appât inerte. Bref, les nauplies d’Artemia ont beaucoup trop de qualités pour que l’on puisse leur trouver facilement un aliment de substitution...

Il est intéressant de se pencher sur les conditions d’éclosion des Artemias que sont la salinité, la température et l’oxygénation. En effet, en dehors des conditions optimales, le taux d’éclosion est parfois très faible (voir même nul). Or, les oeufs d’Artemias sont une denrée relativement rare, soumise à une pression économique importante, subissant les aléas climatiques et dont le prix est, par conséquent, élevé. Suffisamment, en tout cas, pour que la plupart des aquariophiles y prête attention. Les conditions nécessaires pour faire éclore 95% des œufs d’Artemia sont une salinité de 30 gr de gros sel gris par litre d’eau, une température de 25 à 30°C, un éclairage maximum, une agitation et une oxygénation importante.

Un éclosoir 2 bouteilles chez F.Liberge

Parmi tous les systèmes d’éclosion proposés, celui à bouteilles renversées, inspiré d’installations professionnelles, est certainement le plus simple à mettre en œuvre et à utiliser. Il permet d’obtenir des taux d’éclosion spectaculaires.

Il suffit, sur un portoir adéquat, d’installer, le goulot en bas, une ou plusieurs bouteilles (selon les besoins) en plastique fort (type bouteille de soda) dont on coupe la partie supérieure. Dans le goulot on enfonce à force un bouchon en caoutchouc (ou silicone) traversé par un tube en plastique rigide de diamètre 4 ou 5 mm. C’est par ce petit tube rigide que l’on apportera de l’air grâce à une pompe à air, créant ainsi un bullage mettant les cystes en suspension continue. 24 à 48h plus tard, selon l’origine et la qualité des cystes, selon la température à laquelle s’effectue l’éclosion, on pourra recueillir les nauplies nouvellement nées en fermant l’arrivée d’air, en laissant décanter quelques minutes puis en soutirant les nauplies qui se seront déposées au fond de la bouteille. Il faut noter que les nauplies n’ont de valeur nutritive réelle que pendant quelques heures après leur éclosion. Le contenu d’une bouteille doit donc être donné rapidement. Les doses d’œufs doivent par conséquent et par souci de rentabilité être adaptées en vue d’une consommation immédiate. Il faut également prendre en compte que ces petits crustacés vivent en milieu salé et ne peuvent donc vivre très longtemps en aquarium. Par conséquent, il ne faut donc distribuer aux poissons que ce qu’ils seront capables d’absorber rapidement sous peine de créer, par la mort des petites crevettes, une pollution importante capable d’entrainer à son tour, celle des alevins.

Une recette

Pour ceux qui aiment faire la cuisine, voici une recette d’aliment à préparer soi-même. Cette solution peut être intéressante, économiquement, et par ses qualités, si vous avez beaucoup de poissons à nourrir et que vous voulez obtenir une croissance maximale. Mais rappelons que de nos jours les aliments de marque du commerce sont parfaitement équilibrés. Ils constituent à ce titre une excellente base alimentaire et sont parfois beaucoup moins polluants que certains aliments maison...

Ingrédients :

Enlevez la graisse, les veines et les nerfs du cœur, coupez-le en petits cubes de 1 à 2 cm et lavez-les à l’eau. Mixez une portion du cœur avec un volume équivalent d’eau pour obtenir une bouillie. Égouttez à travers un linge. Mélangez avec les autres constituants finement mixés. À cette étape vous pouvez rajouter tous compléments désirés : vitamines, spiruline ou gélatine. Congelez rapidement le mélange sous forme de plaques ou alors en cubes, à l’aide de plaquettes pour glaçons. Distribuez cette mixture après décongélation ou, à l’aide d’une râpe, émiettez directement dans l’aquarium. Donnez-en à vos poissons au moins une fois par jour en complément de nauplies d’Artemia et de nourriture en paillettes, mais surtout n’oubliez pas les changements d’eau !

Maladies et soins généraux

Dans de bonnes conditions de maintenance, en théorie, les poissons ne doivent pas présenter de maladies. Il y a bien sûr quelques vieux poissons qui présentent des symptômes liés à leur âge avancé, tels qu’un amaigrissement ou au contraire une obésité, une certaine raideur ou une perte de vigueur et de coloration, mais, en dehors des patriarches du bac, tous les autres poissons doivent donner des signes de bonne santé. Nageoires déployées, notamment la dorsale, ils doivent occuper tout le volume du bac et ne pas se montrer farouches. Au premier signe de comportement anormal vous devez réagir ! les maladies traitées dès les premiers symptômes peuvent se soigner dans leur majorité mais passé un certain délai il est souvent impossible de sauver le poisson. Il est donc important de savoir observer vos poissons. À ce niveau également, l’expérience de l’aquariophile est primordiale. Il n’est pas question ici de traiter in extenso du thème des maladies, de nombreux ouvrages spécialisés, de qualité, existent. Rappelons seulement les règles de base.

La quarantaine : première règle de base

Toute introduction de nouveaux poissons est potentiellement synonyme d’introduction ou de déclenchement de maladies. En général, les débutants courent acheter de nouveaux poissons dès que les premiers sont morts… et plus on en achète, plus il en meurt ! Il est plus prudent d’acheter un groupe de poissons (si possible juvéniles) et de les élever seuls dans un aquarium qui leur sera réservé. Ensuite, une fois leur acclimation effectuée (à votre eau, à votre nourriture etc.) on peut commencer à les mélanger avec d’autres espèces toujours en prenant soin de faire des essais avec quelques individus et jamais avec la totalité du groupe. Dans le cas contraire en effet, une épidémie foudroyante pourrait être fatale à l’ensemble des poissons.

Même lorsque l’on ne peut dédier un aquarium par espèce, il reste indispensable de faire observer une période de quarantaine aux nouveaux arrivants. Un bac de dimension modeste, 20 ou 30 L, peut très bien faire l’affaire pour cela. Son agencement doit être conçu comme n’importe quel aquarium et il doit notamment être équipé d’un filtre et d’un chauffage si besoin. Un aquarium de quarantaine doit bien sûr fonctionner en permanence car il doit pouvoir recevoir de nouveaux poissons dès que nécessaire. Là dans ce petit espace qui permet une observation aisée des poissons, les nouveaux arrivants sont habitués à l’eau de leur futur bac. Il est également intéressant de procéder à un test supplémentaire en introduisant dans le bac de quarantaine un des poissons du bac d’accueil mais bien sûr jamais l’inverse ! Si après une quinzaine de jours vous ne détectez pas de comportements anormaux et si le poisson « test » ne tombe pas malade, alors les poissons pourront être considérés comme sains et être introduits dans l’élevage. Ces précautions peuvent sembler démesurées ou trop contraignantes mais combien d’éleveurs de guppys ont perdu une grosse partie de leur élevage après l’achat de quelques poissons apparemment sains… et qui se révélèrent, malheureusement trop tard, être des porteurs sains de maladies incurables ! Ces précautions sont encore plus indispensable si on considère la rareté de certaines espèces et la nécessité pour les éleveurs de conserver au maximum le patrimoine génétique d’une souche. Dans de tel cas, la perte chez un éleveur de tout ou partie de ses poissons peut avoir des effets désastreux pour les autres éleveurs eux-mêmes. La quarantaine, telle que décrite ci dessus, fait donc partie des règles de bonne conduite adoptées par les éleveurs consciencieux.

Depuis quelques années, il est une maladie régulièrement citée par les éleveurs : il s’agit de la maladie dite « du guppy » bien que l’on observe parfois les mêmes symptômes chez d’autres espèces (en général des formes de sélection) comme les xiphos helleri, maculatus ou variatus. L’éleveur a acheté de nouveaux guppys et le lendemain tous ses guppys nagent en surface avec les nageoires collées… tous, sauf les nouveaux pensionnaires qui eux, vont toujours bien ! en quelques heures l’ensemble des poissons d’un bac peut ainsi mourir. Ces symptômes caractéristiques sont probablement liés à une maladie virale contre laquelle il n’existe pas de remède efficace si ce n’est de se débarrasser des poissons qui restent et de passer tout le matériel à l’eau de javel. D’où l’intérêt d’une quarantaine sérieuse !

Pour éviter les contagions certains éleveurs dupliquent leurs matériel en ayant par exemple une épuisette et un tuyau de siphonnage pour chaque aquarium… encore faudrait-il qu’ils se désinfectent les mains entre deux bacs ! Il est impossible de travailler en conditions « stériles » mais la règle de base est d’éviter de transvaser de l’eau ou des poissons d’un bac à un autre sans être certain de l’innocuité de ce geste.

Utiliser des médicaments

L’emploi des médicaments est à limiter au strict minimum et doit toujours s’effectuer dans un aquarium spécifique, utilisé uniquement pour cette opération. Ce bac peut être de petit volume ce qui facilite comme pour la quarantaine l’observation des poissons mais permet aussi de diminuer les doses à employer. Par ailleurs il est toujours plus simple de décontaminer complètement un petit bac plutôt qu’un grand. Les produits de traitement ne sont pas des substances anodines et peuvent perturber l’équilibre du bac, être toxiques pour les plantes ou les invertébrés (escargots) ou encore rendre stériles les poissons. Les traitements sont rarement inoffensifs pour les populations bactériennes et mettent à mal le bon fonctionnement des filtres. Traiter le bac d’ensemble et non pas seulement les spécimens atteints reviendrait à placer les autres occupants du bac dans des conditions « anormales » ou en tout cas différentes de ce qu’ils connaissent habituellement. Cela pourrait engendrer le développement de la maladie (ou d’une autre !) chez des poissons initialement sains ou fragilisés, mais non malades ! Le remède serait alors pire que le mal ! Il faut donc si possible isoler les poissons à traiter.

Le sel, remède miracle ?

L’emploi du sel comme mode de traitement est bien connu des aquariophiles mais la plupart du temps ceux-ci l’utilisent de façon empirique sans se soucier des dosages. La plupart des poissons supportent des salinités allant jusqu’à 10 g/l, ce qui représente quand même 1 kg de sel dans un bac de 100l ! Passer ses poissons dans de telles conditions doit se faire de façon progressive, par paliers de 3 g/l par exemple et en laissant le temps au remède d’agir. On choisira le gros sel gris non raffiné. L’augmentation brutale de la salinité va entraîner la mort des ectoparasites : protozoaires, bactéries et de nombreux champignons qui ne sont pas ou peu doués d’osmorégulation. En général les vivipares supportent bien ce traitement, mais pas nécessairement les autres groupes de poissons ! Le taux de salinité sera maintenu pendant au moins une semaine puis il sera abaissé progressivement grâce aux changements d’eau. Attention également aux montées de nitrites au cours du traitement car les bactéries du filtre vont elles aussi disparaître… Enfin, il faut noter que les plantes ne supportent pas de tel traitement et elles doivent être retirées dès le début afin de ne pas mourir en créant ainsi une pollution supplémentaire. Si vos poissons sont victimes de parasites internes ou enkystés sous la peau (vers intestinaux et points blancs notamment) l’usage de produits plus dangereux mais aussi plus spécifiques (oxyde de cuivre, néguvon…) sera nécessaire. Pour les plaies superficielles le mercurochrome peut être employé. Il est très efficace pour traiter les blessures avec une application chaque jour. Il faut donc retirer le poisson blessé de l’eau, le maintenir sur un chiffon humide, et appliquer rapidement le mercurochrome à l’aide d’un coton tige. Il faut laisser agir le produit 20 secondes avant de remettre le poisson dans l’eau. Stressante pour l’animal, cette méthode est réservée aux poissons de taille importante.

Enfin, certaines maladies ne sont pas soignables. Une perte d’appétit, associé à une apathie, un amaigrissement et une déformation de la colonne vertébrale est souvent synonyme de tuberculose. Cette maladie, touchant particulièrement certaines espèces, est potentiellement contagieuse, y compris pour l’homme. Les poissons atteint doivent donc être éliminés rapidement. Un ventre gonflé avec des écailles soulevées est un signe d’hydropisie. Il s’agit d’une affection dans laquelle du liquide s’accumule dans l’abdomen. Il est souvent impossible de sauver les poissons atteints et il est préférable de les éliminer même si cette maladie n’est pas réellement contagieuse.

Comment éliminer des poissons qui agonisent ? Certains ne font pas de sentiment et les jettent aux toilettes ou encore les donnent en pâture a quelques carnassiers, poissons ou tortues. On peut utiliser également la méthode du congélateur; placé dans le noir le poisson stresse peu et le froid va l’endormir lentement jusqu’à la mort, en moins d’une heure.

Méthodes prophylactiques

L’adage dit : « il vaut mieux prévenir que guérir ». C’est également vrai en aquariophilie. La quarantaine est un moyen pour y parvenir mais éviter le mélange des poissons est préférable ! Cependant cela n’est pas réalisable ne serait-ce que parce qu’il faut bien de temps à autre apporter du sang neuf dans sa souche et que cela ne peut se faire qu’avec l’introduction de nouveaux spécimens. Mais il existe des possibilité de contaminations auxquelles on pense moins. Ainsi, le passage d’une épuisette ou de tout autre matériel d’un bac à l’autre est une source importante de contamination. L’épuisette fait partie de ces matériels dont le coût modeste permet d’envisager d’en équiper chaque aquarium. C’est la même chose pour le thermomètre. Les matériels plus importants comme le système chauffant, le filtre ou les roches et racines doivent impérativement subir une phase de décontamination/détoxication avant de passer d’un aquarium à l’autre par trempage dans une solution javellisée par exemple. Si c’est un aquarium complet qui doit accueillir une autre population il est alors indiqué, après le retrait des éléments périssables (plantes, substrat éventuel, masses filtrantes), de le remplir totalement pour quelques heures avec une solution d’eau de javel. Autre source potentielle de contamination : le pinceau qui sert à prélever les vers grindals ou la nourriture décongelée et que l’on trempe de bac en bac ou tout simplement la main du soigneur qui retire un débris de plante dans un bac pour plonger aussitôt dans un autre afin de remettre en place un élément du décors! Les plantes véhiculent également toujours un peu du milieu dont elles proviennent (eau, œufs d’escargots). Pour limiter cet apport on peut les rincer sous le robinet ou les tremper quelques temps dans une solution saline. Mais il est des intrusions que l’on ne peut maîtriser totalement comme le saut d’un poisson d’un bac à l’autre. L’emploi des couvercles trouve ici toute son utilité, dans un sens comme dans l’autre ! Non, vraiment… le plus pernicieux reste la fuite d’eau ou bien le débordement d’un bac placé au dessus d’un autre !

Aménagement : décors et plantes

Il peut être difficile de concilier gestion rationnelle d’un élevage et beauté du décors. Il est important de savoir dès le départ quel est l’objectif poursuivi. S’agit il de reconstituer le biotope d’origine ou bien s’agit-il de privilégier la facilité de maintenance ?

Insérer photo biotope

Les amateurs de bac décoratifs ou « régionaux » essaient de recréer l’environnement du poisson tel qu’ils l’imaginent. Ils utilisent des roches et racines naturelles et installent dans le bac des plantes trouvées dans les régions dont sont originaires les poissons. Mais dans beaucoup de biotopes naturels d’Amérique centrale les plantes aquatiques sont absentes. La principale végétation est alors une végétation palustre trouvé au niveau des berges (roseaux) ou des algues filamenteuses se développant sur les rochers. Les fonds sont alors vaseux ou pierreux.

Insérer photo bac fonctionnel

Un bac « fonctionnel » est dénué de roches et autres racines. Les plantations sont absentes, l’objectif étant d’éviter la création du moindre recoin où les déchets et autres sédiments pourraient s’accumuler et constituer des réservoirs à bactéries. Dans de tels bacs il est en effet très facile de siphonner l’ensemble des déchets lors des changements d’eau ou même entre les changements d’eau proprement dits. Cela est particulièrement pratique lorsque les bacs sont nombreux et que l’entretien devient vite une corvée.

Toutefois, une cuve totalement nue est loin de constituer un endroit dans lequel un poisson, quel qu’il soit, se trouve à l’aise. Le décor crée des points de repère, des territoires, des zones où se cacher. C’est indispensable au bien-être de l’animal car cela diminue le stress auquel il est inévitablement soumis dans cet espace clos que constitue l’aquarium. Pour concilier la facilité de l’entretien et le plaisir du regard ou encore le bien-être du poisson on peut recourir à l’emploi de plantes sans système racinaire comme la mousse de Java (Vesicularia dubyana) ou le Ceratophyllum demersum et le Najas najas.

Insérer photo plante sur roche

D’autres plantes croissent lorsqu’elles sont attachées à une roche ou une racine et ne nécéssitent pas de substrat. Il s’agit des espèces des genres Anubias et Microsorium. Les plantes, outre le fait qu’elles sont agréables à regarder, ont des capacités en terme d’épuration et d’oxygénation. Il ne faut pas oublier les plantes de surface comme le Riccia, les Salvinias, l’Azolla ou les lentilles d’eau dans lesquelles les jeunes alevins trouvent de nombreux éléments nutritifs (petits animalcules ou petits débris végétaux).

Les pierres ne sont nécessaires que si vos pensionnaires sont territoriaux et qu’ils nécessitent des cachettes au niveau du fond (les Allodontichthys par exemple). Mais il faut préciser que ce sont surtout les alevins qui en profiteront car beaucoup d’adultes préféreront se cacher dans la végétation de pleine eau. Vous pouvez faire un simple empilement de roche créant ainsi de petites cavités, ou créer des cavités plus importantes en cachant sous les pierres quelques petit pots en verre ou en terre cuite.

On peut employer également des plantes en plastique ou un mop de laine, comme ceux qu’utilisent les killiphiles. Mais contrairement aux plantes naturelles, les plantes artificielles, si elles ne se dégradent pas, ne jouent pas sur l’équilibre biologique du milieu. Ce type de décor « stérile » s’emploie dans des installations destinées à faire croître les poissons, où la dose de nourriture distribuée est conséquente et où les changements d’eau sont fréquents et importants. C’est ce qu’utilisent souvent les amateurs de formes sélectionnées qui ont besoin d’obtenir un maximum de jeunes pour découvrir parmi eux le spécimen qui donnera un futur champion. Dans ce cadre-là seulement, cette méthode est indiquée et permet d’obtenir rapidement de beaux poissons.

Les escargots : des auxiliaires indispensables dans un bac.

Constamment en activité, aucun endroit de l’aquarium, plante ou décor, n’échappe à leur boulimie. Ils éliminent donc rapidement toutes les particules de nourriture non consommée. Ils sont par ailleurs un indicateur de la qualité du milieu. Leur pullulement témoigne de la distribution en excès de nourriture tandis que leur disparition indique sans faillir une pollution potentiellement dangereuse pour les poissons.

On rencontre en aquarium plusieurs types d’escargots.

Dessin melanoïde

Les mélanoïdes sont des escargots de forme conique facilement identifiables. Leur activité est double. Invisibles pendant le jour, ils aèrent le sol par leur activité de fouisseurs. Au cours de la nuit, ils sortent du substrat à la recherche de nourriture et parcourent l’ensemble des vitres et du décor. Leur présence n’est envisageable que dans un aquarium garni d’un sol.

Dessin planorbe

Les Limnées et les Planorbes conviennent aux bacs sans sol. Ils ont des besoins très limités en nourriture comme en température ce qui en fait d’excellents nettoyeurs. Leur population peut être contrôlée en siphonnant régulièrement une partie des escargots lors des changements d’eau.

A contrario, les Ampullaires sont des escargots trop gros. Ils ne peuvent se contenter des miettes qui échappent aux poissons et réclament des apports alimentaires spécifiques importants. Dans le cas contraire ils peuvent s’en prendre aux plantes. Enfin, en raison de leur taille, leur mort crée une pollution importante dont on ne s’aperçoit jamais tout de suite.

L’élevage en bassin

Les vivipares, en général, se prêtent bien à l’élevage en bassin. Mieux même, c’est pour certaines espèces un passage obligé, un impératif pour avoir une croissance optimale. Leur alimentation se trouve améliorée grâce aux organismes se développant dans le bassin, aux algues qui poussent sur les parois ou aux insectes qui tombent dans l’eau. Qui plus est, un apport d’ultraviolet est bénéfique à leurs couleurs et croissance. Il est souvent impressionnant d’observer les différences de taille et de coloration existant entre deux poissons issus d’une même portée quand l’un est maintenu en aquarium et l’autre est élevé en bassin.

Le bassin idéal doit offrir un volume suffisant, quelques mètres cubes, permettant d’offrir un espace de nage sans commune mesure avec ce que nos poissons trouvent en général en aquarium et doit également permettre de repêcher aisément les poissons lors du retour des premiers froids. Entre la vasque installée sur la terrasse l’été et le bassin de plusieurs centaines de mètres cubes employé par les éleveurs de carpes Koïs il y a un juste milieu à trouver pour nos vivipares, l’essentiel étant que le volume soit suffisamment important et inerte pour supporter les variations de température qui ne manquent pas d’arriver pendant les 4 ou 5 mois durant lesquels le bassin est fonctionnel. Ainsi, il est heureux de ménager un bassin dont la hauteur d’eau atteindra par endroit au moins 50 cm. Dans ces zones, les poissons trouveront un milieu relativement stable ou, en tout cas, évoluant plus lentement.

On peut installer un bassin pour ses vivipares partout en France. Les différences résideront dans la durée pendant laquelle on pourra y mettre les poissons. Dans le sud, les éleveurs lancent leurs poissons dans le grand bain dès avril. C’est impensable au nord de la Loire ! Là, il faut attendre la fin du mois de mai et plus prudemment, celle du mois de juin… A contrario, l’été peut s’avérer très risqué dans le sud ou les températures trop élevées feront autant de dégâts que les températures trop basses du début de saison au nord ! En général, un peu partout les poissons sont rentrés en aquarium dans le courant des mois de septembre ou d’octobre. Il s’agit là d’une question d’appréciation qui n’appartient qu’à l’éleveur en fonction du climat qu’il constate tous les jours. Il faut noter que la baisse des températures s’effectuant graduellement les poissons sont moins sensibles au froid en fin de saison car ils ont la possibilité de s’adapter aux modifications qui s’opèrent lentement. Ainsi, des Xiphophorus nezahualcoyotl sortant d’un aquarium attraperont des « points blancs » lors de leur introduction dans un bassin dont l’eau affiche 18°C au mois de juin alors qu’ils continueront à nager avec vigueur dans une eau à 15°C dans le même bassin au mois d’octobre ! Ce n’est donc que lorsque les poissons semblent moins vifs, moins actifs qu’il faut songer à les rentrer. Il faut alors avoir prévu des aquariums suffisamment grands pour accueillir ces poissons qui vont se retrouver d’un seul coup dans un milieu confiné et qui doivent s’habituer à ces nouvelles conditions. Il s’agit souvent d’un moment critique et nombreux sont les éleveurs qui ont eu à déplorer des morts dans ces moments. Les poissons rentrant de bassin devront être maintenus seuls pendant un laps de temps suffisant pour juger de leur état sanitaire. Dans un premier temps on prendra soin d’éteindre tout chauffage pour ne pas ajouter un stress thermique au choc de la capture. Ensuite, les poissons pourront retrouver progressivement les conditions habituelles qu’ils connaissent en aquarium, à savoir une nourriture sèche abondante, une température égale en permanence, une eau claire et filtrée.

Insérer photo bassin pro

L’élevage en bassin reste la solution privilégiée par les grossistes car elle seule leur permet d’obtenir dans un minimum de temps des spécimens commercialisables. Souvent un groupe d’adultes est placé dans un panier qui flotte dans un bassin. Les alevins échappent à la voracité des adultes par les mailles du panier. En général cependant, les couples sont élevés en batterie d’aquariums et chaque jour les alevins sont prélevés puis transférés dans des cuves de grossissement sans distinction de variétés. Ensuite, lorsqu’il s’agit de modifier leur régime alimentaire pour passer à des aliments meilleurs marchés que les nauplies d’Artemia ou les poudres spéciales pour alevins, les poissons arrivent dans des bassins de plusieurs mètres cubes avant de partir, une fois la taille souhaitée atteinte, chez les détaillants aquariophiles. Quelques grossistes font ce travail en France. Ici ce sont d’anciens entrepôts frigorifiques qui ont été astucieusement et économiquement détournés de leur usage initial (les calories coûtent cher en France), là c’est une source d’eau chaude et le climat doux qui sont mis à contribution. Comme pour bien d’autres productions agricoles seule la rentabilité compte et les bassins sont des outils destinés à produire du rendement… c’est une autre philosophie.

La conception du bassin, les matériaux employés, n’ont que peu d’importance dès lors que l’on parvient à créer un volume suffisant, une hauteur d’eau de 50 cm minimum par endroit et que l’on pense à réaliser un système de trop plein dans lequel les poissons ne pourront pas s’engouffrer dès les premières pluies venues ainsi qu’un système de vidange permettant de récupérer facilement ses poissons le moment voulu. Les systèmes les plus simples sont temporaires. On peut ainsi réaliser un bassin parfait à l’aide de bottes de pailles et de bâches agricoles. On peut détourner de leur usage de grands contenants, réservoirs agricoles du type auge par exemple, ou encore des piscines d’enfants. Mais on peut aussi joindre l’utile à l’agréable en créant un bassin de jardin permanent dont la construction est largement détaillée dans la littérature aquariophile (en béton, en argile ou avec une bâche étanche).

Insérer photo bassin :patrick Dubois ? JC Sangleboeuf ? (pour les petites bassines ?)

S’il doit être temporaire, le bassin sera installé et mis en eau au minimum un à deux mois avant l’introduction des poissons afin qu’une certaine flore et faune s’y développe. Il pourra être ensemencé en y mettant d’abord un peu de feuilles mortes ou de terre et 15 jours plus tard un seau de plancton de mare. Il est intéressant de planter ce bassin, soit en y mettant quelques touffes d’Elodées ou de Ceratophyllum, ou encore un nénuphar en pot, afin d’offrir des cachettes et des zones d’ombre aux poissons mais on peut plus simplement laisser se développer les algues filamenteuses. Une filtration peut être installée, à l’aide d’un filtre extérieur, mais elle n’est en rien indispensable si le bassin n’est pas surpeuplé et surtout elle risque d’aspirer les copépodes et autres daphnies qui s’y développeront.

Partir en vacances

Partir en vacances, pour l’éleveur amateur, est souvent source d’inquiétude… Les absences sont synonymes de retard dans les reproductions, voire même de catastrophes dans la maintenance d’une souche donnée. Il est possible de prendre quelques précautions pour limiter les effets de son absence et éviter les dégâts irréparables.

La durée de l’absence est bien sûr un point primordial. En dessous de 15 jours d’absence, le problème est minime. Cette durée est suffisamment courte pour pouvoir faire confiance aux réserves de graisse de vos poissons. Les poissons d’aquarium sont en général trop nourris. Les adultes et juvéniles supporteront sans problème une suppression de deux semaines de leur alimentation. Pour les alevins de moins d’un mois la chose est différente. Ces jeunes poissons sont en pleine croissance et leur petite taille ne leur permet pas de posséder les réserves de leurs aînés. Un arrêt dans l’alimentation de plus d’une semaine sera donc synonyme de retard de croissance. On peut considérer que des guppys de moins d’un mois sont condamnés. Ceux un peu plus âgés supporteront une quinzaine de jours sans se nourrir moyennant quelques précautions détaillées ci-dessous. En effet pour favoriser la résistance de nos pensionnaires plusieurs petites choses peuvent être faites sans recourir aux trop fameux « blocs vacances ». Ces sortes de morceaux de plâtre, dont la taille varie en fonction de la durée des vacances, ne sont consommées que par nos pauvres « nettoyeurs » (Ancistrus et Gyrinocheilus, habituellement plutôt sous-alimentés). Les autres poissons ne touchent que rarement à cette chose qui va se dissoudre et polluer votre eau. Il convient plutôt de gaver les poissons un peu plus que d’habitude au cours de la semaine précédant le départ. Donnez-leur notamment de la nourriture vivante ou surgelée. Mais ne donnez pas plus que ce qui est rapidement consommé et surtout siphonnez les restes après quelques minutes. Changez une bonne partie de l’eau et nettoyez à fond les filtres deux ou trois jours avant le départ. Vérifiez le bon fonctionnement de l’installation (les pompes notamment, c’est toujours quand nous sommes absents qu’elles tombent en panne). Isolez les poissons les plus sensibles : les femelles qui ne devraient pas tarder à pondre ou les plus jeunes alevins des aquariums communautaires qui risquent d’avoir une période difficile ! Évidemment au retour il manquera quelques alevins qui auront agrémenté l’estomac des adultes mais ceux qui auront été déplacés dans un petit bac auront été protégés. On peut également éviter de nettoyer les vitres des aquariums dans les 15 jours précédant le départ. Il se développe ainsi une certaine quantité d’algues qui constitueront un petit plus pour l’alimentation des poissons brouteurs. Dernier élément d’importance, baissez la température ! Le métabolisme de vos poissons dépend directement de la température à laquelle vous les maintenez. Plus la température est basse plus la digestion est lente et plus la croissance est faible. Une semaine avant le départ abaissez progressivement la température du bac de 5 à 6 °C, ainsi vos poissons n’auront même pas l’impression que vous serez parti. Pour la plupart des espèces vous pouvez baisser la température à 18-20 °C. Malgré cela, ne coupez pas totalement le chauffage car en hiver votre maison risque de se refroidir fortement.

Pour les absences plus longues, il faut envisager d’autres solutions car dans ce cas un apport de nourriture s’avère nécessaire. Au moins trois possibilités s’offrent à vous.

Au retour, quoi qu’il en soit, vérifiez que tout va bien, les pompes tournent, les diffuseurs ne sont pas colmatés, les horloges sont encore à la bonne heure (les pannes de courant sont terribles pour la désorganisation des rythmes d’éclairage). Faites un bon changement d’eau pour commencer et nettoyez les filtres. Ensuite vous pourrez faire une distribution de nourriture légère, des paillettes par exemple. Donnez-en la juste quantité pour que tout le monde y ait droit sans que personne ne puisse se goinfrer. Le tractus digestif des animaux doit se remettre à fonctionner doucement… Une seule distribution par jour, en petite quantité, pendant deux ou trois jour sera parfait avant de reprendre le rythme normal de gavage. Dernière chose, n’oubliez pas de remonter lentement la température à sa valeur initiale.